Le royaume de Fionavar
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 Morvan Leiz-Breiz

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Aalyana
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Aalyana

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MessageSujet: Morvan Leiz-Breiz   Morvan Leiz-Breiz Icon_minitimeJeu 11 Fév - 2:52

Le vent d'Est est chargé des odeurs de la guerre, et il souffle avec des accents sauvages sur les terres brunes de l'Arée.
Les guerriers qui vont partir au combat chantent haut et clair en frappant leurs épées sur leurs boucliers. Les feux de camps projettent vers le ciel des gerbes d'étincelles illuminant le pays comme en plein jour.
Devant sa tente, la lueur des feux se reflétant dans ses yeux vifs au regard d'aigle, se tient Morvan Marquièm, celui que l'on appelle Leiz-Breiz.
Il a revetu sa cuirasse de bronze et porte au front le casque aux ailes de corbeau, symbole du seigneur des batailles. Autour de lui, se tiennent ses lieutenants, des guerriers de grande taille, immenses, maigres et silencieux.
Morvan lève les yeux vers le ciel, demain sera une belle journée pour mourir, car demain il ira au devant de sa mort, il le sait. Il en a eu la vision, il a vu ... le blanc cheval de mer enlacé par les anneaux du serpent monstrueux, et le serpent a planté ses crocs puissants dans l'encolure du cheval d'où s'échappe un flot de sang rouge maculant sa robe blanche.

Au matin les hordes sont en présence; en bas, dans la plaine, les guerriers francs, en haut sur les collines, les guerriers des hautes terres. Le soleil se lève à l'horizon. Morvan lève son épée et pousse son cri de bataille, les deux grandes armées déferlent l'une vers l'autre et se heurtent avec violence comme des lames de fond, et les premiers coups de la bataille sont portés. Toute la journée les guerriers vont lutter à pied, au corps-à-corps, tuant et mourant en un rouge chaos. Les lames d'acier s'entrelacent et se tordent, et dans l'océan démentiel de la bataille, les visages hagards couverts de sueur vont et viennent. Les épées et les haches scintillent au soleil comme des embruns marins. Au coeur de la mélée, le grand corps de Morvan Leiz-Breiz se soulève et se tend. Il présente déjà de nombreuses et profondes blessures, mais il frappe toujours avec une lourde épée de fer, et en vérité, aucun casque, aucun bouclier ne résiste à ses terribles coups.

Morvan jette un rapide regard autour de lui. De chaque coté du groupe des chefs, ses guerriers reculent irrésistiblement faisant payer le prix du sang pour chaque pouce de terrain, mais ils reculent. Alors Morvan pousse un hurlement terrible et ses guerriers galvanisés se jettent en avant avec la fureur du désespoir et la brèche est enfin ouverte dans les rangs ennemis. Les Francs connaissent leur défaite et très vite, ils rompent le combat. La victoire est totale. La clameur de la bataille retombe tandis que la lande immense baigne dans la lumière du soleil couchant.

Morvan lève les yeux vers le ciel et il sourit doucement, alors il s'effondre dans les bras de ses compagnons tandis qu'un flot de sang rouge s'échappe de sa bouche.
Alors on amène son grand étalon noir de bataille, on l'aide à se hisser en selle et Morvan s'éloigne vers la forêt de chênes, tenant toujours fermement serrée dans sa main droite, sa lourde épée de fer.

Par les nuits de pleine lune, des voyageurs isolés déclarent avoir vu un grand étalon noir sur le tertre de Kouadenoz au coeur de la forêt d'Huelgoat. Il a la tête baissée, mais il ne broute ni ne boit. Il flaire simplement l'herbe verte qu'il gratte de son sabot. Parfois il lève la tête, ses naseaux frémissent, il se met alors à hennir doucement, tristement. On dit, que Morvan Leiz-Breiz est là, qui dort sous le tertre, en ce lieu.


Texte de Patrick Ewen (Conteur et chanteur breton du groupe EDF, il puise ses contes et chansons dans le folklore breton et chez Tolkien)
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